mardi 17 juin 2014

Tesla - Simplicity

Malgré une renommée assez confidentielle en Europe, ce groupe américain tourne depuis 1984 (avec une interruption de quelques années) et remet au goût du jour une forme de hard-rock US classieux et racé.
Inutile de tergiverser bien longtemps, tous les titres de "Simplicity" sont bons et ces dignes fils spirituels d'Aerosmith de la grande époque nous proposent là un album bien plus nuancé et diversifié que "Forever More" sorti en 2008. La recette n'a pourtant pas beaucoup changé et se base sur la simplicité et l'authenticité. Ce groupe originaire de Sacramento en Californie est ultra carré et tire ses racines dans les années 70, tout en y apportant une coloration plus moderne. La qualité de son contenu est incontestable et sa force d'interprétation justifie amplement son acquisition. La voix envoûtante de Jeff Keith est superbement mise en valeur et donne toute sa saveur aux morceaux les plus bluesy. Le son est clair, puissant et les compositions sont excellentes. Frank Hannon à la guitare fait des merveilles, quelques ballades sont directement calibrées pour les radios américaines et cet opus propose quelques brûlots qu'il serait dommage d'ignorer. Un groupe intemporel, inspiré, efficace pour un opus qui contient des titres entrainants et accrocheurs. Qu'il est bon d'entendre Tesla surtout quand l'album est d'une telle qualité. Un combo à découvrir pour certains et à redécouvrir pour d'autres.
Ne reste plus maintenant qu'à guetter une date en France et autant vous le dire de suite, ce n'est pas gagné d'avance. Ce CD sera donc parfait pour satisfaire votre soif de découverte.
 
 
4,5/5
 
arno Jaffré

lundi 16 juin 2014

Hellyeah - Blood for Blood

Issus de diverses formations et réunis par leur amour de la musique virile, le quatuor texan Hellyeah revient nous divertir les tympans avec leur quatrième album dangereusement intitulé "Blood for Blood".
Bien que l'originalité ne soit pas le point fort du groupe, on ne s'ennuie pas une seconde et sans chercher à tout prix l'innovation, le combo nous offre dix titres puissants et efficaces.
Que ce soit dans le style ou la technique, cette nouvelle galette reste finalement assez classique dans le genre et chaque membre campe sur ses acquis mais ils le font avec envie et un certain savoir faire. Produit par Kevin Churko (Ozzy Osbourne, In this Moment, Five Finger Death Punch...), on constate que la plupart des titres suivent la même ligne directrice. Au programme : du gros son qui tâche et qui te colle des auréoles sous les bras. Difficile de ne pas faire par moment l'amalgame avec Pantera et d'avoir parfois un sentiment de redite mais la sincérité et l'honnêteté l'emporte malgré tout. Le légendaire Vinnie Paul à la batterie est toujours au taquet et Chad Gray au chant ne perd jamais ni en amplitude, ni en puissance. Le nouveau bassiste Kyle Sanders s'en sort avec les honneurs et rempli son rôle de nous faire passer un bon moment. Un groupe à l'identité marquée donc et certainement pas l'album de l'année mais le boulot est fait d'une manière percutante et avec beaucoup de panache.
Un uppercut en pleine face qui devrait vous motiver avant d'attaquer la saison des festivals.
 
 
4/5
 
arno Jaffré

mercredi 4 juin 2014

[Interview] Scarlet - mai 2014

Après avoir assisté à un de leurs concerts, l'envie d'en savoir un peu plus sur ce groupe très prometteur m'a incité à leur proposer cette interview. Rencontre avec un duo qui devrait faire parler de lui dans les mois à venir ! 

Daily Rock France : Une présentation peut-être ?
Scarlet : (Dorota) je chante et je joue de la guitare dans le projet Scarlet.
(Romain) je suis guitariste, je chante aussi et nous sommes les deux membres fondateurs du groupe qui existe depuis trois ans déjà !
 
Daily Rock France : Scarlet est un groupe à part entière mais un duo se dégage immédiatement de vos prestations en live...vous aviez besoin d'autres musiciens pour développer vos idées ?
Scarlet : (Dorota) En fait, on a commencé le projet à deux et notre idée de départ était de nous entourer de trois, quatre ou cinq musiciens. On a essayé beaucoup de choses et le line-up a changé de nombreuses fois. En ce qui nous concerne, nous nous sommes rencontrés il y a sept ans lorsque nous avons commencés à faire de la musique. Au fur et à mesure, nous avons travaillés avec d'autres musiciens et aujourd'hui, Scarlet reste tout de même un duo. Nous avons toujours travaillés en binôme et même si sur scène nous sommes entourés d'autres musiciens, le projet artistique vient de nous deux. On reste la base et nous sommes accompagnés sur scène...voilà ! 
 
Daily Rock France : Cela ne pose aucun problème ?
Scarlet : (Dorota) A partir du moment où les choses sont claires dès le départ, aucun souci. Après tous les groupes ont leurs petites histoires mais pour l'instant, cela fonctionne très bien comme cela. 
 
Daily Rock France : Quelles sont les influences musicales du groupe ?
Scarlet : (Romain) Alors bien sur il y a The Kills.
(Dorota) D'ailleurs, tout le monde nous compare à eux.
(Romain) Et il y en a d'autres plus anciennes comme le Velvet Underground ou des choses un peu plus psychédélique comme Jefferson Airplane. Dandy Warhols aussi que nous aimons bien.
(Dorota) On essaye en fait au bout d'un moment d'oublier nos influences pour créer notre propre musique mais elles sont à la base de tout en fait. 
 
Daily Rock France : Pour le prochain album (qui devrait sortir au mois de septembre/octobre), vous allez œuvrer dans le même style ou tenter quelques changements ?
Scarlet : (Dorota) C'est une surprise (rires). Effectivement, on essaye de s'éloigner de plus en plus de The Kills. Ce que nous proposons déjà sur scène démontre que nous ne voulons plus être la copie conforme de ce groupe et nous nous dirigeons maintenant vers quelque chose de plus rock garage du genre Black Rebel Motorcycle Club. C'est un groupe qui nous influence beaucoup en ce moment et nous y apportons une petite touche de psychédélisme. Le son du coup va être plus brut et sonner autrement.
(Romain) Les derniers albums de The Kills sont de plus en plus produits et nous voulons nous approcher de ce qu'ils faisaient surtout à leur début...Sans trop d'arrangements ! Un retour au source en fait. 
 
Daily Rock France : Vous avez donné plusieurs concerts ces dernières semaines, que préférez-vous ? Le travail en studio ou l'exécution de vos morceaux en live ?
Scarlet : (Dorota) Les deux sont intéressants...mais ce n'est pas du tout la même expérience.
(Romain) Moi je préfère la scène, c'est sur ! Ensuite, le studio selon les groupes c'est très différent (Il joue parallèlement dans un autre projet : Eagles Gift). Dans Scarlet, c'est plutôt cool car nous proposons tous les deux...et nous n'avons pas vraiment de méthode. Selon ce que nous sommes en train de créer, cela ne fonctionne jamais pareil. Nous allons parfois chez des potes qui ont un studio et ensuite nous revenons dans le notre et j'aime beaucoup cette façon originale de procéder. Ensuite, c'est vrai que le partage avec le public est un aboutissement en soi.
(Dorota) La composition est un moment très excitant aussi ! le live, c'est un peu l'exécution de ce que nous avons à proposer, il y a un partage d'énergie et ce n'est donc pas la même sensation. Moi j'adore les deux en fait !     
 
Daily Rock France : Le crowdfunding (financement participatif d'internautes) se multiplie depuis deux ou trois ans, quelle est votre position là-dessus ?
Scarlet : (Dorota) On en a jamais profité !
(Romain) En fait pour l'enregistrement, nous avons notre propre studio. Du coup, cela ne nous coûte pas trop cher. Pour le pressage de l'album, bien que nous n'en soyons pas encore là, nous sommes déjà sur le coup. Nous avons également développer un petit label...et je trouve sympa aussi de se débrouiller seul et d'aller chercher le budget nécessaire. Alors, c'est vrai que si il nous manquait une somme pour tout boucler par exemple, nous serions peut-être obligé d'y passer.
(Dorota) On a aussi toujours appréhender sur le fait d'inciter les gens à payer. On a peut-être tort de ne pas en profiter mais jusqu'à présent, nous n'avons jamais eu le besoin de le faire. Ensuite, c'est tout un système, toute une organisation, il faut tout mettre en place et avoir des idées à proposer. Ce n'est pas simplement "donner nous des sous" et vous serez cool mais il faut aussi une contrepartie que ce soit sous la forme d'un opus ou autre chose.    
 
Daily Rock France : Vous avez déjà sorti 2 EP...l'album à venir sera un mélange des deux ?
Scarlet : (Romain) Que du neuf ! Et il s'inscrira dans la continuité du clip que nous avons déjà sorti l'année dernière...
 
Daily Rock France : Vous avez d'autres projets il me semble parallèlement à Scarlet ?
Scarlet : (Dorota) Je n'ai que des projets de reprises et quelques compositions sur le feu mais je n'en parle pas car il n'y a rien de précis pour l'instant.
(Romain) Il y a Eagles Gift que j'ai créé car j'aime beaucoup le côté psychédélique...que je ne pouvais pas mélanger au son garage de Scarlet car cela aurait pu paraitre bizarre. J'avais vraiment besoin de fonder un groupe dans ce style et je me suis mis à la recherche de musiciens et tout s'est enchainé. Nous avons eu la chance de jouer en off du festival Levitation à Angers. Des américains étaient présents et nous ont invités à jouer chez eux à Austin au Texas lors d'un autre festival...et c'était assez énorme !  
 
Daily Rock France : Votre titre "London Remedy" a été proposé sur le site de la grosseradio.com et va peut-être vous permettre de participer au festival Sziget en Hongrie (au côté de Queens Of The Stone Age / Prodigy / Placebo...), qu'en est-il de cette participation ?
Scarlet : (Dorota) Alors en fait, c'est déjà fait et nous n'avons pas été retenu...j'ai jeté un œil sur le site, j'ai consulté les résultats et nous ne sommes pas dans les derniers finalistes. Il y avait tout de même plus de 400 groupes de toute la France et tous les styles étaient représentés.
 
Daily Rock France : Vous avez notamment assuré la première partie de The Stranglers au Bol d'Or en 2012, ça fait quoi de jouer avant un groupe culte comme celui là ?
Scarlet : (Dorota) Tout simplement, ça fait du bien (rires). C'est un groupe mythique que tout le monde connait et c'était vraiment un honneur de jouer juste avant. En fait, tout l'évènement était incroyable. On a joué la veille dans le village sur une petite scène Ouï FM et le lendemain sur la grande scène devant 10.000 personnes ! Tout le monde était très sympa avec nous, l'ambiance était géniale et les musiciens de The Stranglers ont été adorables. Une très belle rencontre.
 
Merci à Dorota et à Romain pour leur gentillesse, à Laëtitia pour son aide et au Jokers Pub où a été prise la photo.
 
arno Jaffré 

dimanche 25 mai 2014

Erlen Meyer - Eponyme

Une immersion dans les profondeurs de la musique d'Erlen Meyer peut dérouter l'auditeur car ce combo aux multiples facettes dégage une lourdeur surprenante, oppressante et malsaine.
Et je dois bien avouer que le contenu proposé par ces limougeauds m'a laissé un brin perplexe et que plusieurs écoutes m'ont été nécessaires pour rentrer dans cet album. Le choix des textes en français est courageux, il faut noter également une belle qualité d'écriture et à travers les mots, ils rendent ainsi un hommage à Agatha Christie et à l'univers d'Alfred Hitchcock. Malheureusement, on a l'impression parfois que le serpent se mord la queue et malgré le talent certain de ces musiciens, les structures sont difficiles d'accès et une certaine redondance se fait ressentir. La différence d'un titre à l'autre est minime et va paraitre plutôt indigeste aux oreilles sensibles. Cependant subsistent quelques passages plutôt intéressants et parfaitement retranscrits. L'identité sonore du quintet n'est pas à remettre en cause car leur musique vous enrobe de manière hypnotique et lancinante mais elle s'adresse à un public averti et bien ciblé.
Un opus à écouter à dose homéopathique et si possible avec les paroles pour apprécier pleinement les mouvements musicaux.
 
 
2,5/5
 
arno Jaffré

Oil Carter - Quiet Strength


Inutile de chercher une base scientifique à cet album, dès le début de ce "Quiet Strength" le ton est donné et on sait déjà que ça va tabasser sévère !
Les groupes de southern métal ne manquent pas en la matière mais les bons en revanche ne se bousculent pas au portillon. Question originalité, on repassera bien évidemment, les varois n'ayant pas encore complètement coupé les ponts avec la bande à Phil Anselmo (Pantera, Down, Superjoint Ritual...) mais ils ont pris la peine de peaufiner leurs compositions avec soin. Les relents sudistes sont bien présents, tiennent la distance et certains refrains restent direct en tête dès la première écoute, ce qui est toujours bon signe. Ils nous prouvent avec arrogance qu'ils maitrisent totalement leur sujet surtout lorsqu'il s'agit de nous proposer un son aussi saignant, direct et viril. Nombreux sont les groupes à plomber leur potentiel musical en accueillant un vocaliste n'ayant pas le niveau...Oil Carter ne risque pas de tomber dans ce travers avec Kriss, sa voix chaude et puissante étant un véritable atout. Le tout épaulé par une superbe section rythmique ayant le groove d'un diplodocus et chargé au maximum en testostérone. Une fois que l'on a balisé le terrain et histoire d'approfondir l'analyse, impossible de ne pas penser aux américains de Texas Hippie Coalition ou aux italiens de Tombstone Highway. Tout comme eux, Ils font cracher les amplis avec une maturité déconcertante et une énergie adolescente.
Une rafale de neuf titres percutants contenant des riffs poussiéreux assénés avec précision et qui sentent la poudre. Bud Spencer peut en être fier...
 
 
4,5/5
 
arno Jaffré

mercredi 21 mai 2014

Red Mourning - Where stone and water meet


Plutôt inhabituel dans le monde de plus en plus formaté du métal, les parisiens de Red Mourning intègrent une multitude d'éléments dans leur musique dont l'harmonica et la slide guitar.
De quoi apporter beaucoup de personnalité aux morceaux et créer une alchimie caractéristique qui est même leur marque de fabrique. Le terme "Red Mourning" faisant référence à la couleur du deuil des esclaves du delta du Mississippi, il n'est donc pas surprenant de retrouver quelques interludes issues des champs de coton. En forme olympique, ils nous proposent une grande variété dans les titres et la production assurée par Francis Caste (Bukowski, The Sticky Boys, The Arrs...) valorise la violence mesurée de chacun des riffs. Le chant est parfaitement maitrisé et le groupe répand à travers ses compositions un charme que eux seuls délivrent dans cet univers musical. On s'enfonce parfois directement dans la mangrove avec des atmosphères poisseuses et bluesy et l'ambiance générale est brumeuse, moite et mélancolique. Leur premier album "Time To Go" sorti en 2008 n'était pas passé inaperçu, le second "Pregnant with promise" (2011) encore moins et leur troisième livraison devrait faire parler d'elle.
Musicalement une belle réussite et de quoi compléter de fort belle manière leur discographie.
 
 
4/5
 
arno Jaffré

lundi 12 mai 2014

Doro - Raise your Fist, 30 years anniversary édition

Unanimement respectée, Doro Pesch s'offre un album de reprises en forme de clin d'œil pour illustrer le 30ème anniversaire de sa longue carrière. Le charme vocal de notre belle allemande ne suffit pas toujours et les titres qui figurent sur cet opus ne produisent pas l'effet escompté et sont, il faut bien le dire, sans grand intérêt. On peut tolérer un écart malencontreux d'un point de vue qualitatif et on a connu la belle amazone beaucoup plus inspirée dans le registre mais ni son charisme naturel et son physique avantageux ne sauve en rien cet album bien médiocre. L'exercice de la reprise peut s'avérer délicat et il suffit d'écouter entre autre "Babe I'm Gonna Leave You" de Led Zeppelin ou bien "Nothing Else Matters" de Metallica pour se rendre compte de l'étendue des dégâts. Un vrai crime discographique tout simplement et de quoi mettre toute la région Ile de France en arrêt maladie !!! A conseiller aux hyper, super méga fan de l'ex-Warlock qui n'ont pas peur de saigner des oreilles. Dans la catégorie "Milf Métal" Lita Ford et Joan Jett s'en sortent beaucoup mieux sans aucun problème et ce n'est pas "It Still Hurts" chanté en duo avec Lemmy qui me fera changer d'avis !
 
 
2/5
 
arno Jaffré