En marge du concert qu'ils donnaient le soir même au Chabada à Angers, les
belges m'ont accordé quelques instants et ont répondu volontiers à mes
questions. Ils m'ont ensuite invité à trinquer avec eux et m'ont proposé...de la
Stella Artois (!) Un peu chauvin les Triggerfinger ?
Daily Rock France : Vous êtes en pleine tournée française
actuellement, comment allez-vous et comment se passe cette tournée
?
Triggerfinger : Jusque qu'ici, tout se passe super bien et
entre nous aussi. En fait, ça va mieux car nous étions tous un peu malade. Dans
le tour bus, les microbes circulent librement et du coup, on a tous chopé une
petite grippe (rires). Les petites salles où nous jouons sont vraiment très
agréables, il faut dire que c'est là ou nous nous sentons le mieux. Tu vois bien
les gens, il y a un échange sincère entre nous et nous faisons de notre
mieux pour les satisfaire. Nous avons beaucoup de dates un peu partout en Europe
et tout se passe pour l'instant à merveille.
Daily Rock France : Quels souvenirs gardez-vous de tous ces
concerts ?
Triggerfinger : Tu veux dire en France ?
Daily Rock France : Pas spécialement, partout où vous jouez
!
Triggerfinger : On a constaté que jouer en France comporte
quelques avantages car le public est différent. Je veux dire par là que lorsque
nous jouons un morceau un peu plus calme, il écoute attentivement et ne se
disperse pas. Dans d'autres pays, les gens discutent où vont boire une bière
(rires). Il y a le foot aussi car nous aimons beaucoup ça et les équipes
françaises sont bien réputées en Europe. La chaleur humaine est importante aussi
et plus nous descendons dans le sud et plus les gens sont chaleureux.
Daily Rock France : Et le public belge alors ?
Triggerfinger : Quand tu es un groupe belge, ce n'est pas
le public le plus facile. Si tu es américain ou anglais, oui cela se passe
plutôt bien. Il y a beaucoup de groupes chez nous et tout le monde connait tout
le monde. Lorsque tu joues quelque part, les gens attendent de voir ce que cela
va donner et passent d'un groupe à l'autre. Ici, les gens viennent au concert
pour prendre du bon temps et pas forcément pour te juger.
Daily Rock France : Dans quel pays y a t'il le plus d'ambiance
selon vous durant vos concerts ?
Triggerfinger : Les ambiances sont différentes selon les
pays. Lorsque tu joues en Hollande, tu as l'impression d'être dans un stade de
foot car c'est vraiment bruyant...et dès que l'on joue un morceau un peu plus
calme, on entend plus personne (rires). En Allemagne aussi, ils sont très
attentifs et si ils aiment, ils font beaucoup de bruit. En général, nous sommes
satisfaits des endroits où nous passons car il y a beaucoup d'énergie. Cela peut
venir aussi de nous car il peut y avoir un problème au niveau du son, du
matériel mais le public en général est très généreux.
Daily Rock France : Vous n'avez pas trop chaud dans vos costumes
lorsque vous êtes sur scène ?
Triggerfinger : Oui, mais ce n'est pas grave (rires). Le
"problème" en France, c'est qu'il y a beaucoup de climatisation dans les salles
et nous ne sommes pas habitués. Avant hier, nous avions froid sur scène et ça,
c'est horrible. La chaleur, c'est bien pour jouer ! Lorsque tu as froid, c'est
comme si tu ne faisais rien. Il faut mouiller le costume tu vois
(rires).
Daily Rock France : Votre nom veut dire il me semble "le doigt sur
la gâchette", vous voulez viser ou tuer quelqu'un en particulier
?
Triggerfinger : (rires) Non absolument pas, nous sommes
très sages ! Le nom sonne bien et cela donne une certaine image de nous. Il ne
faut pas chercher plus loin je crois.
Daily Rock France : Le trio vous va plutôt bien, ne serait ce pas
la formule idéale pour jouer du rock ?
Triggerfinger : Pour l'instant oui ! Lorsque nous jouons
tous les trois, chacun est à sa place et tout roule. Nous avons essayé quelques
touches de keyboards mais c'est tout. Quand tout va bien sur scène, c'est juste
magique et inutile de rajouter quoi que ce soit.
Daily Rock France : Un seul mot pour décrire l'aventure
Triggerfinger ?
Triggerfinger : Aventure justement (rires). La
passion...et la tension aussi parfois. On a besoin de cela pour écrire des
chansons que ce soit pour la musique mais aussi pour les mots.
Daily Rock France : Connaissez vous des blagues sur les français
?
Triggerfinger : Oui bien sur (rires). Nous connaissons
plus de blagues sur les hollandais et sur les allemands mais ce ne serait pas
honnête de notre part de les raconter ici. Les belges ont de l'humour et sont
aussi très fiers...peut-être trop parfois. Un peu comme les français quoi
(rires). Ce qui me dérange en fait, ce sont les blagues sur les belges qui sont
un peu stupides. En fait on nous pose cette question très souvent, à savoir
pourquoi y a t'il autant de blagues sur les belges (Monsieur Paul me regarde et
éclate de rire).
Daily Rock France : Vous êtes plutôt Jacques Brel ou Jean Claude
Vandamne ?
Triggerfinger : Tous les deux (rires). Ce sont deux
compatriotes totalement différents...et comment parler de Jacques Brel ? Un grand
Monsieur tout simplement et un interprète exceptionnel ! Sinon, quand tu connais
l'histoire de Jean Claude Vandamne, tu ne peux avoir que du respect. On peut ne
pas aimer ses films mais il est parti sans un sou et à réussi à être une star
dans ce qu'il fait. C'est fantastique !
Daily Rock France : Un album culte à nous faire découvrir
?
Triggerfinger : Le groupe qui nous a réuni et qui nous a
soudé s'appelle Black Market. D'ailleurs le producteur de notre dernier album
Greg Gordon a travaillé avec eux il y a très longtemps et c'est vraiment une
coïncidence que nous l'ayons rencontré. Il a aussi produit un autre groupe belge
The Black Box Revelation et nous étions impressionné du son qu'il
pouvait donner à notre musique. Depuis, c'est devenu un ami...
Remerciements à Ruben Block, Mario Goossens, Monsieur Paul, à la salle de
concert le Chabada à Angers et à la maison de disque Verycords.
arno Jaffré