lundi 19 janvier 2015

ULI JON ROTH - Scorpions Revisited


L'année 2015 correspond au 50ème anniversaire du groupe allemand Scorpions et cela n'a bien évidemment pas échappé à l'un de ses tout premiers guitaristes Uli Jon Roth. Bien que ne faisant plus parti du groupe depuis 1978, c'est à dire une éternité, il nous offre ici un best of de 19 titres, signés à l'époque avec Rudolf Schenker et Klaus Meine pour les albums "Fly to the Rainbow" (1974), "In Trance" (1975), "Virgin Killer" (1976) et "Taken by Force" (1977).
Le guitar hero s'est donné les moyens de ses ambitions en allant réenregistrer à l'endroit même (Hanovre) où il y a quelques décennies de cela, il enregistra ces morceaux qui pour la plupart sont devenus des classiques. Il se fait donc tout naturellement le porte drapeau de ces compositions écrites entre 1973 et 1978 et les revisitent de manière millimétrée et inspirée.
La complémentarité entre le "Hendrix allemand" et les jeunes musiciens qui l'accompagnent est remarquable et ils trouvent ensemble le parfait équilibre entre hard rock à l'ancienne et production actuelle. Le contenu musical est de qualité et ce n'est rien de le dire, Uli Jon Roth signant là son meilleur album depuis bien longtemps.
Son jeu de guitare est incisif, lumineux et les envolées psychédéliques sont parfaitement maitrisées, aériennes, atmosphériques et les refrains imparables. Dotés de ces arguments, le guitariste au bandana se met en scène sans être totalement omniprésent et aligne les solos avec une dextérité hallucinante. Il allie feeling et groove avec une aisance incroyable et contrairement à d'autres guitaristes plus ou moins talentueux, il possède un sens aigüe de la mélodie sans tomber forcément dans l'étalage technique.
Que l'on soit enclin ou pas à apprécier ce style, la présence de cet éternel hippie donne du corps à l'ensemble et le tout est captivant. "We'll Burn the Sky" par exemple dont les paroles ont été écrites par la dernière petite amie de Jimi Hendrix, est un titre exceptionnel alternant les couplets rapides et d'autres beaucoup plus lents et qui se termine par un magnifique solo que l'on devine aisément dédié à son maitre par Uli Jon Roth. Ce guitariste légendaire hors du temps et aussi cosmique que certains de ses albums nous propose là un condensé de ce qu'il sait faire de mieux et bien que ce ne soit que des relectures, on en redemande volontiers.
Voici donc un album incontournable non seulement par sa qualité mais également car il nous propose une nouvelle façon de découvrir ce que jouait Scorpions au début de sa carrière. Nos inquiétudes quant à l'avenir de ce charismatique guitariste sont donc effacées d'un revers de main à l'occasion de ce nouvel opus, qui vient nous rappeler qu'il va falloir compter sur lui encore quelques années.  


mardi 6 janvier 2015

ALPHA TIGER - Identity


Anciennement connu sous le nom de Satin Black, la jeune formation allemande d'Alpha Tiger nous propose ce mois-ci sa troisième livraison après "Man or Machine" (2011) et "Beneath the Surface" (2013). 
Après l'intro de rigueur, l'album s'ouvre avec "Lady Liberty" un titre de Heavy Metal pur jus à consonance Thrash estampillé 80's. Un morceau bien speed et très efficace qui laisse présager du meilleur...Hélas, la suite est moins mémorable et se révèle même poussive. Les clichés sont nombreux (voir la pochette) et leur musique prend une dimension NWOBHM (New Wave of British Heavy Metal). On sent que le quintet a passé de longues heures à disséquer la discographie d'Iron Maiden afin d'en tirer le meilleur mais l'empreinte de la vierge de fer est trop présente.
Pour autant, se limiter à cette comparaison facile et évidente serait aller vite en besogne car on peut penser également à Helloween, Running Wild, Enforcer ou bien Steelwing. Le chant quant à lui est vraiment difficile à appréhender, Stephan Dietrich tapant dans les aigües avec insistance et se montrant du coup aussi agaçant que Nicolas Anelka sur un terrain de football (Ce chanteur oublie qu'en plus de chanter très haut, il faut aussi chanter juste).
Ce groupe plein d'énergie n'arrive pas à se canaliser et manque cruellement d'originalité. Un énorme potentiel gâché selon moi par cette envie de jouer une musique old school sans y amener une touche de modernité et malgré le titre de l'album, ce combo manque sérieusement d'identité.
Les guitaristes sont bien au dessus du lot et la rythmique est accrocheuse mais cela ne suffit pas pour sauver cet opus du naufrage et il est vraiment difficile de rester concentrer jusqu'au bout. Alpha Tiger a les moyens de vous asséner quelques coups de griffes mais certainement pas de vous faire rugir.
Alors à qui s'adresse ce disque ? Qui est susceptible de l'apprécier ? Tout d'abord à ceux qui ont été conquis par leurs deux premières sorties et ensuite aux nostalgiques qui verront en eux une sorte de relève et qui auront l'impression d'en avoir pour leur argent. Ceci dit, ce n'est pas gagné ! 


www.spv.de (Spv / Steamhammer records) 

lundi 5 janvier 2015

FURIOUS ZOO - Back to Blues Rock


Parmi les nombreux projets de Renaud Hantson, il y a bien sur Furious Zoo. Habitué à nous délivrer du Big Rock, il délaisse cette fois-ci ce genre et opère un retour aux fondamentaux. Comme à chaque fois avec ce chanteur (qui à mon avis n'est pas reconnu en France à sa juste valeur) le menu est généreux et ce n'est pas moins de seize titres qui garnissent copieusement ce "Back to Blues Rock". De nombreuses influences sont palpables mais hors de question de parler ici de plagiat puisque l'on décèle une véritable identité qui fait vraiment plaisir à attendre. On pourrait plutôt parler d'hommage par moment tant la ressemblance avec certaines formations est flagrante. En mélangeant du neuf avec du vieux, et fort d'une longue expérience, Furious Zoo trouve la formule idéale et démontre une maitrise parfaite que seule des musiciens ayant roulé leur bosse assez longtemps peuvent sublimer. Un album sans prétention et aucune faiblesse dans l'exécution, le chant de Renaud Hantson étant toujours aussi convaincant et possédant un timbre de voix facilement identifiable. Il se rapproche même parfois dans ce style de David Coverdale (Whitesnake) ou de Glenn Hughes (Deep Purple, Black Country Communion). Le guitariste Michaël Zurita est toujours très inspiré et que dire de cette section rythmique (Joe Steinmann / batterie et Julien Loison / basse) si ce n'est qu'elle est particulièrement solide et efficace.  Le dénominateur commun de toutes ces chansons est bien évidemment le Blues et Furious Zoo nous offre là un album varié alternant le pêchu et des morceaux plus lents mais tout aussi réussis. Un album donc très recommandable pour tout amateur de Blues Rock dont je fais parti. A noter quelques reprises dont une du célèbre groupe américain Canned Heat.    


mardi 30 décembre 2014

6:33 - Deadly Scenes


Moins immédiat que leur précédent album "The Stench From The Swelling (A true story)" que j'avais personnellement adoré, cette nouvelle livraison des parisiens de 6:33 nécessite de déprogrammer ses réflexes et de s'aventurer hors des sentiers battus.
Comme un coup de pied dans une fourmilière, cette formation au mordant vivifiant s'amuse à déconstruire les a priori musicaux pour mieux s'éloigner des carcans et jouir d'une liberté artistique garante de belles promesses. Leur volonté de ne pas s'affilier à une catégorie les rend déjà indispensables et ce qui intrigue et accroche l'oreille à la première écoute, c'est ce panel de couleurs musicales. L'écouter en boucle vous permettra de le décomposer et d'en apprécier les variations.
Cette fine équipe aime ainsi croiser bien des influences reflétant sans doute les goûts de chacun et le résultat est enjoué et inclassable. Le mélange étonne ? Il détonne surtout ! Copieux, déroutant, explosif, irrévérencieux...voici des adjectifs qui collent parfaitement bien à ce concept album traitant des sept pêchés capitaux et c'est bien les yeux grands ouverts que l'on découvrira chacun des tableaux proposés car chaque titre est une pièce à part entière.
Neuf actes impressionnants de cohérence dans un genre pourtant sacrément casse gueule et si l'onde musicale qui se dégage de ce tumulte auditif est logiquement théâtrale, la qualité de composition est tout simplement excellente.
La recette fonctionne à merveille et distille au fil des titres quelques belles embuscades. Leur musique est riche, pleine de couches superposées et toutes ces pirouettes sont réalisées avec suffisamment de maitrise pour ne pas effrayer les puristes.
On est dangereusement proche de la folie créatrice d'un Mike Patton ou d'un Devin Townsend avec tout ce que cela sous-entend et on imagine aisément l'effet que peut avoir cet opus sur une oreille encore vierge.
Ils aboutissent finalement à une belle alchimie et s'affranchissent alors des références pour en devenir une. Tout simplement.
 
www.633theband.com

 
www.facebook/kaotoxinrecords

jeudi 25 décembre 2014

RENAUD HANTSON (Satan Jokers) - Hard Rock café, Paris - décembre 2014


Entretien avec un artiste qui déborde de projets et qui ne mâche pas ses mots :

Daily Rock France : L'album "Sex Opéra" est sorti le 02 décembre dernier avec de nombreux invités. Comment fait-on pour réunir Stef Buriez (Loudblast), Jo Amore (Nightmare), Céline Lacroix (Sainte Ombre), Virginie Gonçalves (Kells), Patrick Rondat pour ne citer qu'eux ?

Renaud Hantson : On essaye surtout de penser aux personnages en fait. J'ai peiné à rendre le livret que m'avait proposé Laurent Karila et à le rendre schématiquement "opéra rock" car ce n'était pas évident. A la base, il m'a envoyé un livret avec un enchainement de texte à connotation sexuelle et sur les perversions sexuelles. On voulait vraiment dépasser le cadre de l'opéra rock que l'on avait fait sur "Psychiatric". L'idée, c'était que je me fasse les dents sur un opéra rock avec les gars du groupe. A partir du moment ou il m'a envoyé la chanson "Transex" avec la dominatrice et le personnage de King Sodom qu'il avait écrit pour Stef Buriez qu'il voyait comme un patron de club échangiste, tout s'est enchainé. J'ai pensé à Virginie du groupe Kells pour la dominatrice qui est une très belle fille qui chante super bien. J'ai pensé ensuite à Céline de Sainte Ombre puis à quelqu'un d'autre, etc, etc...Tous les intervenants musicaux sont ainsi devenus ce qu'on appelle des voyeurs pour donner un terme avec le sujet qui nous intéresse aujourd'hui. 

Daily Rock France : Pour Renaud Hantson, un nouvel album studio est un aboutissement à chaque fois ou un prétexte pour partir en tournée ?
 
Renaud Hantson : Alors en ce moment, le groupe n'a pas de tourneur. Tout le monde s'attend à des centaines de dates mais nous ne sommes qu'un groupe français avec tout ce que cela implique. C'est à dire que malgré l'accueil plutôt très très très (il insiste) positif pour ce disque, on ira où on nous demande. Il va y avoir le Satan Fest le 10 janvier puis quelques dates déjà prévues mais sinon, cela va être chaud comme d'habitude. Ce n'est pas un projet solo de Renaud Hantson et comme je ne veux pas céder à l'ennemi, je m'obstine. Trop de musiciens professionnels sont sous-payés et il faut se battre pour exister. Tous les matins, je me lève et le compteur tourne et si je ne rentre pas de l'argent, c'est vite le bordel. J'ai donc à côté une école de chant et de batterie. J'ai souvent été le premier à dire des choses qui globalement font chier les autres, mais c'est vrai que nous avons dix ans de retard sur les Etats-Unis. Et à force de prendre les musiciens pour des vaches à lait, nous allons droit vers la fin des musiciens professionnels. J'en parlais justement avec Patrick Rondat il n'y a pas longtemps et malheureusement, cela risque d'arriver très vite. Quelques-uns vont y échapper car ils ont comme moi plusieurs occupations mais pour certains cela va être l'horreur.      

Daily Rock France : Tu as annoncé que "Sex Opéra" serait le dernier album de Satan Jokers. On connait tous ton côté hyperactif et on a du mal à te croire. Qu'en penses-tu ?
 
Renaud Hantson : C'est pas un gag (rires). Tu vois, j'aime la boxe et j'ai peur du combat de trop. J'aime les arts martiaux, les sports de combat et Mike Tyson. Ce boxeur a fait sept ou huit combat de trop. Je viens de m'enfiler son autobiographie et il y a tellement de parallèle avec ce que j'ai pu vivre. Quand il dit "J'étais un artiste de la rechute", cela me parle tellement tu vois qu'il a déclenché en moi une envie d'écrire un album et un spectacle musical. Cela va s'appeler "Rock Star" et on va en faire un opéra rock avec des musiciens rock. Je n'ai pas franchement envie d'être ridicule et de faire comme Scorpions ou Judas Priest qui ont annoncé leur retraite et qui sortent un album ensuite pour enchainer sur une tournée mondiale. Normalement, c'est vraiment la fin...mais Laurent Karila a déjà d'autres idées, tu vois le bordel (rires).   

Daily Rock France : Tu as déclaré il y a quelque temps que Satan Jokers était le groupe francophone qu'on détestait adorer ou qu'on adorait détester ! Tu penses la même chose aujourd'hui ?

Renaud Hantson : Alors elle n'est pas de moi cette phrase ! C'est un journaliste qui avait dis ça lorsque je démarrais ma carrière solo et ce gars avait particulièrement bien résumé la situation. Un autre avait dit que nous avions carrément inventé la fusion mais je n'ai pas du tout cette impression. Je suis quand même très flatté qu'en 1985, certains s'intéressaient à nous. Ceci dit, il y a de moins en moins de bas du front qui tirent à vue sur moi et qui n'aiment pas le groupe sans savoir pourquoi.
 
Daily Rock France : L'univers de la musique a radicalement changé ces dernières années, quel modèle économique te semble le plus fiable pour vivre de sa musique ?

Renaud Hantson : Tu m'emmerdes avec ta question (rires). En fait, elle est vachement bien comme question ! Je pense qu'en fait, pour éviter de brasser de l'air comme je peux le faire parfois comme d'autres musiciens, il va falloir faire avec les armes d'aujourd'hui. J'ai le vieux fantasme que les gens continuent à acheter des disques comme je peux le faire. Lorsque le magasin Virgin megastore sur les Champs Elysées a fermé, j'étais vraiment malheureux. C'était là précisément où j'achetais des skeuds. Il va falloir admettre que les gamins d'aujourd'hui n'en ont rien à foutre. Plutôt que de lutter contre ça, il va falloir s'adapter mais ça me fait chier. Je suis d'un anachronisme dans ce métier et je n'ai jamais autant sorti de disques que depuis que ce marché est mort. Depuis 2008, j'ai sorti en moyenne trois albums par an, que ce soit en solo, avec Satan Jokers ou Furious Zoo. Même Glenn Hughes, une de mes idoles n'en a pas sorti autant (rires). On dit que le milieu de la musique est moribond mais cela risque aussi d'être le cas pour la scène. Sauf les grosses structures ou les grands groupes qui s'en sortent mieux que les autres en proposant des prix exorbitants. Je trouve ça scandaleux, surtout pour les voir de très loin ou sur écran géant. Mais c'est le seul moyen qu'ils ont trouvé pour encore gagner du blé.       

Daily Rock France : Serais-tu prêt à faire appel au financement participatif pour pouvoir sortir un album ?
 
Renaud Hantson : Alors, j'y pense pour un quadruple coffret live qui sortira en 2015 et qui concerne ma carrière solo. 32 années de musique avec des titres inédits et d'autres que peu de gens ont déjà entendus. J'ai envie de laisser une trace car le temps passe vite et j'en ai enterré certains...dont le premier bassiste de Satan Jokers et Michel Berger.

Daily Rock France : Les groupes "tribute" comme le tien Judas Feast ont de plus en plus de succès, comment expliques-tu cela ?

Renaud Hantson : Initialement, je n'aimais pas les tribute band et je pensais que ce n'était que des musiciens qui n'avaient pas assez d'idée pour écrire leurs propres chansons. Et j'en ai vu des très bons qui avaient chacun un groupe ailleurs et qui faisaient ça pour s'éclater. Un jour avec Laurent Karila lors d'un concert de Judas Priest au Zénith, on s'est regardé et on a eu le même délire de faire un concert hommage pour s'amuser. Je trouvais que Rob Halford et le groupe était devenu moyen. Avec d'autres musiciens, on a monté cette équipe et à chaque fois c'est un carton. On rend hommage à la meilleure période culte du groupe. Je reviens d'ailleurs d'un festival tribute et c'est une éclate totale. Je fais ça deux fois par an et c'est vraiment une récréation.  

Daily Rock France : Une seule participation au Hellfest pour Satan Jokers en 2009, faut-il s'attendre à voir Renaud Hantson à Clisson en 2015 ?
 
Renaud Hantson : Une seule participation et ça me fait chier (rires). La reformation de 2009 n'avait pas le niveau actuel et nous avons aujourd'hui une vraie équipe de rêve. On espère vraiment y être en tout cas. En 2009, on avait joué vers 14h il me semble et nous avions 40mn pour convaincre. Cela reste bien évidemment un excellent souvenir.

Daily Rock France ? Les sites internet de Satan Jokers ou de Furious Zoo sont très actifs, est ce toi qui les dirige ?

Renaud Hantson : J'y suis à 70% et je suis aidé par un administrateur qui est un de mes anciens élèves de chant. Il s'est barré en Bretagne et il cherchait à occuper son temps libre d'où la création de toutes ces pages Facebook. Lorsque ce n'est que de la promo, c'est lui et quand cela ne concerne que des conneries où il faut réfléchir deux secondes, c'est moi (rires). J'aime créer la discussion et que ça se frite un peu.   

Daily Rock France : L'actualité de Renaud Hantson dans les mois à venir ?

Renaud Hantson : Le quadruple coffret dont nous avons déjà parlé qui sortira vers le mois de mars 2015 et un nouvel album de Furious Zoo dans 1 an, 1 an et demi. Selon moi, Satan Jokers devrait s'arrêter là car je ne vois pas ce que l'on pourrait faire de mieux que "Sex Opéra". Bon Laurent a déjà une idée donc faut voir (rires).

Remerciements à Replica promotion, Renaud Hantson, Laurent Karila, au Hard Rock café et à Daily Rock France.
 
 

lundi 22 décembre 2014

ARCANIA - Le Chabada, Angers le 18 décembre 2014


Avec leur deuxième album "Dreams are Dead", le groupe Arcania semble avoir pris de l'altitude. Ce nouvel opus leur a t'il donné des ailes ? Allons vérifier ça du côté du Chabada où ils se produisaient en support du colloque Heavy Metal & Sciences Sociales organisé à l'université d'Angers. L'occasion donc pour eux de jouer devant des maitres de conférence venant notamment de Belgique, du Québec, d'Angleterre ou des Etats-Unis (Ce qui ne doit pas arriver tous les week-end bien évidemment).
Cette phrase "This band is great. I don't understand why Arcania aren't the biggest Metal band in France" prononcé par Jon Zazula (fondateur du label Megaforce records et qui a découvert par le passé Metallica, Testament, Overkill et Anthrax entre autres) en a intrigué plus d'un et la salle est copieusement remplie. Pas de première partie ce soir et après une intro digne d'un péplum, nous rentrons directement dans le sujet avec "Rise and Never Fall" titre majeur des angevins. La machine est bien huilée et ils nous prennent à la gorge dès les premières notes. Ils enchainent ensuite avec une set-list faisant honneur à leur sortie la plus récente et le public en fin connaisseur n'est pas avare en applaudissements. Beaucoup de maitrise de la part de ces quatre musiciens et le chant heavy de Cyril avec quelques légers growls colle parfaitement avec l'univers proposé. Bien que tenant entre les mains une basse, Guillaume dans la pénombre de la salle de concert me fera penser à plusieurs reprises à Dimebag Darell (Pantera). Une chose est sure, c'est qu'il ne se ménage pas. Niko à la guitare n'hésite pas à incorporer dans son jeu des notes progressives, ce qui rend le tout vraiment intéressant et prouve qu'il a plus d'une corde à son arc. A la batterie Olivier que l'on ne distingue à peine derrière ses futs accompagne à merveille ses acolytes et rempli son job de fort belle manière. C'est homogène, rentre-dedans, très bien exécuté et le moins que l'on puisse dire, c'est que leur show est parfaitement rodé.
Au final, on peut affirmer sans se tromper qu'ils ont effectivement progresser de manière spectaculaire depuis la sortie de "Sweet Angel Dust" en 2009. Un changement de catégorie qu'il faudra maintenant confirmer dans les années à venir et qui je pense ne devrait poser aucun problème.





Remerciements à Arcania pour la séance photo, au Chabada, à Nicopphotography et à Daily Rock France.               


Set-List :

- Rise and never fall

- Watch us dying

- Against my fear

- Dreams are dead

Intro Sweet angel dust

- Sweet angel dust

- Face in the Mirror

- A scar in your mind

- No end




 
 



 

jeudi 18 décembre 2014

THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS - The Wolf is Rising


Deux ans après "Born Bad", The Texas Chainsaw Dust Lovers nous offre un second témoignage discographique avec ce cinq titres intitulé "The Wolf is Rising". Ce groupe parisien (qui avec un nom pareil remporte 56 points au scrabble) nous propose de casser les codes en mélangeant toutes sortes d'influences.
Si il n'y a rien d'exceptionnel à cela, la facilité avec laquelle les compositions défilent force le respect. The Texas Chainsaw Dust Lovers (ou TCDL) n'est ni Metal, ni Stoner, ni Southern Rock, ni Country Punk...mais un cocktail Molotov musical et un grand écart improbable qui reste tout de même un modèle d'équilibre.
Les réduire à un combo prêt à tout pour réussir, ce serait nier les arrangements et les accords qui parcourent ce disque. Cet EP est bon parce qu'il nous laisse le temps de voyager et dure ce qu'il faut pour que l'on ne s'en lasse pas. C'est court mais le paysage est plaisant du début à la fin. Leur musique qui ne répond définitivement pas aux modes se laisse écouter en rentrant du bureau, une fois la cravate rangée et les mocassins à gland dans le placard.
L'ambiance est parfois américaine et cela ne fait aucun doute sur certaines chansons qui ont carrément leur place sur la prochaine B.O du prochain Tarantino ou d'une bande-son d'un bon film de série B. C'est beau, c'est riche, parfois rapide tout en allant à l'essentiel. L'état d'esprit est bien présent et les risques d'acouphènes se multiplient. La voix est rocailleuse mais sait aussi jouer la carte de la clarté (et m'a donc fait penser à Loading Data).
Je qualifierai le tout d'intemporel et quand on marche à la passion et avec un maximum de travail, voici ce que cela donne. Inutile de s'user les yeux à lire des dizaines de pages sur eux, il suffit d'aller faire un tour sur  https://texaschainsawdustlovers.bandcamp.com/ pour les découvrir.

Besta Records