mardi 14 avril 2015

[interview] TEMPLE OF SILENCE - Avril 2015


Les cinq membres de Temple Of Silence font beaucoup parler d'eux depuis quelques semaines alors qu'ils n'ont pour l'instant sorti aucun album. Surprenant ? Pas tant que ça ! Rencontre avec Laul Nico le chanteur du groupe :  

Daily Rock France : Peux-tu nous raconter la genèse de Temple Of Silence ?
 
Laul Nico : Bert Schutt, batteur du groupe Eden Pill et guitariste sur mon projet solo Whiteshadow m'a appelé et m'a dit que l'on avait un ami en commun Olivier Spitzer et que son groupe Superfizz venait de se séparer de son chanteur. J'avais déjà eu l'occasion d'écouter ce qu'il faisait et j'avais adoré leur son. Quelques jours après, nous nous sommes rencontré et la fusion fut immédiate tout simplement.

Daily Rock France : Le nom du groupe évoque quelque chose en particulier ?
 
Laul Nico : Le paradoxe entre notre nom et notre musique nous paraissait intéressant et original...et le côté temple me plait beaucoup aussi. Le silence peut être aussi très évocateur, ce n'est pas simplement que du non son. Le silence peut être aussi très violent !
 
Daily Rock France : Malgré le fait que vous n'existiez que depuis très peu d'années, on sent une très forte cohésion au sein du groupe. Cela est dû à quoi selon toi ?
 
Laul Nico : La fusion au sein du groupe fut immédiate et notre côté prolifique l'accentue encore plus. Temple Of Silence, c'est une assemblée où tout le monde a la parole, ce qui nous donne un grand signe de longévité. Les ego de chacun sont bien rangé dans un placard et nous laissons place à la créativité et au plaisir de jouer ensemble.
 
Daily Rock France : Vous êtes influencés notamment par Rob Zombie et Stone Sour, c'est un choix délibéré dès le départ d'avoir un son comparable aux groupes d'Outre-Atlantique ?

Laul Nico : Notre son correspond à notre culture donc forcément le côté US est bien présent. Dire que nous sommes influencés par tel ou tel groupe, est un bien grand mot. Je dirais plutôt que c'est un mix de ce que l'on a ingurgité depuis très longtemps. Cela va de Black Sabbath à Wagner en fait (rires).
 
Daily Rock France : Quelles sont à ton avis les grosses qualités de Temple Of Silence ?
 
Laul Nico : Grande question ! Notre musique est diversifiée tout en gardant une identité forte qui est notre fil conducteur et mon timbre de voix est assez particulier donc facilement reconnaissable. Ce que j'apprécie également dans Temple Of Silence, c'est la redoutable efficacité des quatre autres membre du groupe qui font le nécessaire pour que le tout sonne direct et sans fioritures. Et le principal, c'est que nous faisons des chansons qui peuvent être également joués en acoustique sans les dénaturer.
 
Daily Rock France : Vous avez sorti un premier single très convaincant (I Will Walk), à quoi faut-il s'attendre pour le reste de l'album ?

Laul Nico : Notre album est une carte de visite très Rock & Roll et les titres existaient déjà lorsque je suis arrivé. J'ai fais ensuite toutes les mélodies à ma sauce et je peux t'assurer que le son des guitares est énorme et je laisse les auditeurs découvrir la batterie et la basse. Un album avec un gros son donc et du Rock Metal bien gras. Du Temple Of Silence quoi (rires).
 
Daily Rock France : Une date de prévue pour la sortie peut-être ?
 
Laul Nico : Pas encore ! On recherche encore le label qui nous collera à la peau. Notre management qui est à Nashville prépare le terrain donc patience...
 
Daily Rock France : Si votre musique parvenait à fédérer des millions de gens, crois-tu que cela changerait votre façon de composer ?
 
Laul Nico : Pas du tout, on compose tous les jours et on emmagasine les titres. On adore ça et la seule chose qui modifierait notre façon de composer, c'est le manque de temps. Mais pour nos futurs fans, on va mettre les bouchées doubles (rires).

Daily Rock France : Chaque génération dans le Rock veut balayer la précédente, crois-tu que cela soit encore possible aujourd'hui ?
 
Laul Nico : De nos jours, les groupes sortent comme des champignons. Avec une technique énorme, un gros son, des moyens de communication à la hauteur mais on revient toujours vers les racines. En ce qui me concerne, je suis très réceptif aux chansons finales, pas aux démos ou à la performance. Je pense que nos grands frères comme les Black Sabbath, les Deftones ou Metallica sont encore là pour un moment. Même si des groupes comme Avenged Sevenfold ou bien Five Finger Death Punch sont monstrueux. Mais seront-ils là encore dans trente ans ?
 
Daily Rock France : Sais-tu à quoi vous voudriez que le reste de votre carrière ressemble ? Vieillir dans la musique n'est pas donné à tout le monde...

Laul Nico : Notre carrière ? Faire de la scène encore et encore, pleins d'albums et se dégoter un pur label avec qui nous resterions très très longtemps. Mais ce label existe t'il en France ? Je ne pense pas vu l'état du marché ! Le Rock n'est pas Way Of Life ici sinon nous aurions des groupes français aussi connu que Metallica ou Scorpion mais nous sommes en 2015 et on nous bassine encore avec Téléphone et Noir Désir (rires). Pourtant, il existe par chez nous des putains de groupes genre Lofofora, Black Bomb A, Dagoba, Goddman, 6:33 ou bien Klone. Et la liste est longue...
 
Daily Rock France : Sur un plan personnel, quels sont les chanteurs dont tu te sens le plus proche aujourd'hui ?
 
Laul Nico : Je ne suis pas un grand technicien et je suis un chanteur à grosse voix. On me classe donc souvent dans la catégorie Corey Taylor. J'aime aussi Jonathan Davis, Lemmy et Chino Moreno. Mais tous mes potes me disent que je suis un croisement entre Corey Taylor et David Lee Roth (rires). Je suis Laul Nico voilà tout !
 
Daily Rock France : As-tu déjà rencontré quelques-uns de tes héros ?
 
Laul Nico : Je n'ai pas vraiment de héros ! Mais j'ai rencontré des mecs hyper géniaux genre Chris Birkett qui a bossé avec Sting et Peter Gabriel. Ce mec m'a beaucoup appris. J'en ai rencontré d'autres bien évidemment mais je garde ça pour moi.
 
Daily Rock France : Une scène ou un festival où tu aimerais te produire ?
 
Laul Nico : Le Hellfest, le Rock Am Ring ou bien le Download par exemple. Et pour les scènes : les House Of Blues aux Etats-Unis, les salles genre Nokia center à New York et bien d'autres. On verra où le vent nous portera...
 
Daily Rock France : Que trouve t'on actuellement dans ton ipod ?
 
Laul Nico :  En ce moment, j'écoute un DJ marseillais Alif Tree et je kiffe énormément Tricky. Tout ce qu'ont sorti Les Deftones aussi et du Prokofiev. Nine Inch Nails également et Yodélice. Je n'écoute pas trop de Metal en ce moment car ça gueule trop (rires). Ah si Red Fang, voilà ce que tu peux trouver dans mon ipod.

https://www.facebook.com/TempleOfSilencemusic?fref=ts
 
Remerciements à Laul Nico, Fred Ayato, à Temple Of Silence et à Francis Zégut pour la découverte.  

mardi 7 avril 2015

[Interview] FRANCIS ZEGUT - Mars 2015

 
[Bio express] Francis Zégut est un animateur radio. Il entre à RTL en 1976 comme standardiste pour l'émission de Max Meynier Les routiers sont sympas, puis pour Station De Nuit. Il est ensuite assistant de Jean-Bernard Hebey pour Poste Restante. A partir d'août 1980, et ce pendant 10 ans, il anime Wango Tango, la première émission consacrée en France au Hard Rock et devenue culte aujourd'hui. Dans les années 1980, il prend en charge la tranche 20h-24h et devient l'animateur emblématique des soirées RTL (avec notamment des émissions comme Zikmag, Plug In et Zikweb). Il poursuit depuis sa carrière sur RTL2 où il anime Pop-Rock Station (Diffusée de 22h à minuit du lundi au jeudi). Pour la télévision, il a été chroniqueur musical sur Canal + (en 1988) avant de travailler sur MCM de 1989 à 1998 puis sur M6 Music Rock (Focus Rock).  
 
Daily Rock France : Parmi les 61 titres que tu as choisi de mettre sur cette compilation Wango Tango, peux-tu me donner ton top 5 ?
 
Francis Zégut : Ecoute, c'est très difficile ce que tu me demandes. C'est comme si tu me demandais ce que je pensais emporter sur une ile déserte. T'en donner 5, c'est dur...peut-être 3 ! Allez non, 5 (rires). Iron Maiden pour plusieurs raisons...car quand j'ai commencé Wango Tango, j'ai passé du Maiden qui était sur une compilation. Ensuite, lorsqu'on leur a demandé de nous donner un titre, ils ont répondu que si c'était pour moi, il n'y avait aucun problème. Cela veut dire que certains n'ont pas oublié comparer à d'autres. Pour Metallica, c'est à peu près la même chose pour le titre "Jump In The Fire". En fait cela a été un peu différent car nous sommes passés par le manager et nous lui avons dit que dès le début, nous avions passé du Metallica et qu'avec RTL, nous avions enregistré une première partie de Venom à Balard en 1984. Et le manager a voulu absolument écouter ça. J'ai donc envoyé par e-mail un MP3 via Warner et le mec nous a répondu : Vous voulez quel titre ? (rires). Mötley Crüe s'est souvenu aussi que pendant 10 ans, nous avions passé leur musique donc ça s'est fait tout naturellement. Motörhead bien évidemment que je ne peux pas oublier et Thin Lizzy que j'apprécie tout particulièrement depuis longtemps.
 
Daily Rock France : Comment juges-tu l'évolution du Hard Rock depuis ces années Wango Tango ?
 
Francis Zégut : Déjà les glorieuses années pour le style sont entre 1980 et 1990. Nous étions là avec cette émission au bon moment et avec la bonne idée pour arroser l'histoire. Tout est arrivé à cette période avec la presse Metal, quelques trucs qui passaient à la téloche...et ensuite tout s'est formaté. Quand t'écoutes la radio maintenant, globalement, il n'y a plus de guitares électriques. Et si il y en a, elles sont acoustiques et en fond sonore donc on ne les entend pas. Alors qu'avant, les guitares étaient mises en avant. Malgré cela, beaucoup de groupes continuent et c'est super encourageant. Il faudrait que les médias passent de bons morceaux comme les Guns 'N' Roses dans les années 80. A cette époque, cela a embarqué tout le monde...en plus de faire de bons albums, ils sont arrivés au bon moment et au bon endroit. Ils ont vendu des millions d'albums et cela a permis à d'autres groupes comme Poison, Ratt par exemple d'exploser. Et si il n'y avait pas eu tout ce mouvement, il n'y aurait sans doute pas eu le Grunge derrière. Et malheureusement à partir de 1995, tout s'est trop formaté et le Metal avec ses étiquettes sur le dos a été mis de côté. Les médias maintenant n'ont plus cette culture donc c'est difficile. Mais aucune inquiétude à avoir, la vie est un éternel recommencement et cela va revenir j'en suis persuadé.
 
Daily Rock France : C'est déjà un peu le cas il me semble non ?
 
Francis Zégut : Oui un peu c'est vrai, avec les festivals notamment. Le Hellfest affiche une insolente réussite mais pour les autres, c'est pas gagné. Ils affichent tous la même programmation. Tu vois les Chemical Brothers par ci, Skip The Use par là pour la troisième année consécutive...ça tourne un peu en rond quand même. Il y a eu au début 2 groupes qui ont permis au Pop Rock en général de faire tourner le truc, c'est Coldplay et Muse. Maintenant, ils font la même chose et ils sont rentrés dans le rang. Il n'y a plus d'idéologie dans l'histoire tu vois. C'est le business ! Mais bon, c'est la société entière qui est comme cela maintenant.
 
Daily Rock France : As-tu gardé certains contacts avec des artistes de l'époque ?
 
Francis Zégut : Alors je me suis aperçu au fur et à mesure du temps, que c'était bien d'avoir des relations. Mais pas forcément de devenir à tout prix ami. Le devenir, ça fausse toujours un peu. En tant que journaliste et animateur radio, si un album est mauvais et que tu es pote avec les mecs, tu trouves toujours des mots pour enrober le truc. Alors qu'il faut dire les choses tout simplement. Tu t'aperçois également que lorsque tout démarre, tout est formidable. Ensuite, les gens t'oublient un peu et ne se rappellent plus que tu étais présent pour leur donner un coup de main. Je dois être un peu naïf voilà tout (rires).
 
Daily Rock France : Tu as fait de la télé il a quelques années, penses-tu en refaire un jour ?
 
Francis zégut : Je ne pense pas non. Ce que je pourrais faire à la rigueur, ce sont des petites vidéos à la con histoire de se marrer, des programmes courts avec de la musique qui envoie. Enfin, si on me propose des bons plans et de bonnes idées. J'ai été ravi de faire de la téloche pour Canal + en 1988, pour MCM, pour M6 également mais quand je vois comment ça tourne. Et on ne me proposera plus maintenant de faire un truc Rock & Roll. Quand tu regardes D17 ou les autres chaines, tu regardes ce qu'ils passent en musique, y'a rien de rock & roll dans tout ça. Je n'ai plus cette ambition et je préfère faire de la radio, d'avoir des coups de cœur, de transmettre quelque chose. En ce moment avec Wango Tango, je vois revenir certains qui ont entre 40 et 50 balais et qui me disent : "Ouais, on avait 12 ans et si j'aime cette musique, c'est grâce à toi !". Tu vois pour moi, c'est la plus belle des récompenses.
 
Daily Rock France : Tu n'imaginais pas à l'époque l'impact de ton émission ?
 
Francis Zégut : Tu t'en doutes mais les gens, tu ne les vois pas. Quant tu entends ça des années plus tard, tu te dis que tu n'as pas trop mal fait ton métier. C'est très touchant en tout cas.
 
Daily Rock France : On connait tous ta facilité à sortir des phrases qui marquent et ta gouaille légendaire, n'as-tu jamais pensé à faire du One Man Show ?
 
Francis Zégut : C'est un peu trop tard maintenant (rires). Tu sais, j'ai toujours eu ça. A l'époque de Wango Tango, je rencontrais beaucoup de gens, j'allais boire des coups jusqu'à pas d'heure et on déconnait beaucoup. Sur une situation ou a un moment bien précis, tu sors un truc et puis ça reste. Tu sais, j'ai eu une vie pas très drôle lorsque j'étais gamin. La DDASS et tout le reste...je m'inventais un monde et j'écoutais la radio. C'était un abri pour moi et j'avais des images plein la tête. Lorsque j'ai présenté la maquette où je hurlais et où je disais tout un tas de conneries, je suis resté scotché que RTL me dise oui à l'époque. C'est un talent de leur part de s'être dit que cela pouvait intéresser des jeunes alors que leurs parents écoutaient les Grosses Têtes.  
 
Daily Rock France : Je te sens un peu nostalgique ?
 
Francis Zégut : Non pas nostalgique, mais métallique oui (rires). Je n'aime pas vivre dans le passé mais revenir sur cette émission et de se dire que l'on a fait un truc vraiment dingue, c'est vraiment sympa. Et nous avions une totale liberté surtout. Il n'y avait pas de presse Metal, pas d'émission de ce genre, que dalle quoi (rires). Et l'album Back In Black d'AC/DC est arrivé et BOUM ! Et tout a suivi derrière...
 
Daily Rock France : La compilation Wango Tango vient tout juste de sortir, as-tu une autre idée de coffret dans les tuyaux ?
 
Francis Zégut : Non, il y a eu déjà 3 coffrets Pop Rock Station et ça fait une trilogie. Pas envie que cela devienne une collection Altaya ou Edition Atlas (rires).
 
Daily Rock France : L'émission Une Dose 2 Metal se déplace lors du Hellfest, peut-on espérer voir une émission Pop Rock Station en direct de ce festival ?
 
Francis Zégut : Je ne pense pas non, mais cela ne va pas m'empêcher d'aller les saluer. On organisera peut-être une dédicace du coffret là-bas mais rien n'est encore fait.
 
Daily Rock France : Passons à autre chose maintenant afin d'en savoir un peu plus sur toi. Ton tout premier t-shirt musical ?
 
Francis Zégut : Alors j'ai eu plein de trucs concernant AC/DC et le tout premier était Highway To Hell en 1979. Avant, j'avais déjà bien entendu assister à pas mal de concerts mais il n'y avait pas de merchandising. Mais il y avait de la bière...mais maintenant il n'y en a plus. Ou alors, elle est à 9€ (rires). Et des t-shirts, j'en ai filé pas mal. Au bout d'un moment, tu fais le tri sinon tu te fais engueuler par maman (rires). J'avais des cartons entiers et ça fait plaisir aux gens.
 
Daily Rock France : Ton premier vinyl ?
 
Francis Zégut : Love Me Do des Beatles en 1962 ! J'avais 9 ans (il sourit).
 
Daily Rock France : Ton artiste préféré ?
 
Francis Zégut : Difficile de répondre car j'en aime tellement. AC/DC, Sigur Ros, Motörhead, Led Zeppelin...je ne peux pas m'arrêter à un nom, c'est impossible.
 
Daily Rock France : Un film culte ?
 
Francis zégut : Easy Rider ! Comme la musique, ce road movie est un élément de liberté. C'est un film qui n'a rien coûté, où il n'y avait pratiquement pas de scénario et tout se déroulait au fur et à mesure. C'était un film anticonformiste pour l'époque. Les mecs avaient des cheveux longs, roulaient en Harley et se sont fait buter à la fin.
 
Daily Rock France : Le bonheur parfait selon toi ?
 
Francis Zégut : Entre la famille, les potes, la moto, les voyages, un mélange de tout ça je pense ! Et ma fille qui apprend à jouer de la guitare...avec toujours de la musique en fond.
 
Daily Rock France : Un livre qui a changé ta vie ?
 
Francis zégut : Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway que j'ai lu lorsque je devais avoir 10 ans. J'étais passionné par la pêche à la ligne, j'ai lu ce bouquin et je me suis dit qu'un jour, je pêcherais un poisson comme dans ce livre. Et un jour, c'est arrivé. Quand j'ai commencé à bosser, j'ai mis un peu de pognon de côté et je suis parti au Sénégal, au Gabon, à l'Ile Maurice. En 1988, j'ai pêché un marlin comme indiqué par Hemingway. J'ai eu l'impression de trouver une pièce de puzzle qui manquait à ma vie. On a ramené le poisson du large et j'étais dans un état second. D'ailleurs je me le suis fait tatouer (!).
 
Daily Rock France :  Le trait de caractère dont tu es le plus fier ?
 
Francis Zégut : Je suis curieux. De la vie, des personnes, de la musique...il y a du bon partout et j'aime faire confiance aux gens la première fois même si je me suis fait souvent avoir.
 
Daily Rock France : Le défaut qui t'inspire le plus d'indulgence ?
 
Francis Zégut : Alors je prends la question à l'envers. Il y a un défaut sur lequel je ne peux pas passer, c'est l'ingratitude. Le gens qui ne savent pas dire merci, ça je ne supporte pas.
 
Daily Rock France : Ta qualité préférée chez une femme ?
 
Francis Zégut : Qu'elle se taise (il éclate de rire). Je plaisante bien sur ! Le but c'est d'être complémentaire. On peut être totalement différent et puis tout s'emboite. Le principal, c'est l'amour qu'il y a entre deux êtres. Chacun amène sa personnalité et puis voilà. Je suis en couple depuis 20 ans, je fais du bruit avec ma moto, je laisse trainer mes chaussettes et à bientôt 62 ans, c'est l'occasion de s'envoyer quelques vannes.
 
 
 
 
 
Remerciements à Francis Zégut, RTL / RTL2, Olivier Garnier, Roger Wessier (Replica promotion) et à Daily Rock.
 
 

dimanche 5 avril 2015

WILD DAWN - Bloody Jane's Shore


Si leurs premières sorties les avaient classées avec justesse dans le Heavy Rock (avec quelques touches de Thrash), Bloody Jane's Shore quant à lui incorpore de nouveaux éléments. Misant sur une certaine spontanéité et afin de faire progresser leur musique et maintenir la flamme, le quatuor apporte une bonne dose de Stoner dans le but d'amener son propos à un degré supérieur.
Ils déjouent leur langage habituel et formulent une nouvelle esthétique, mais attention tout de même, hors de question ici de faire de la simple figuration, ce nouvel opus regorge suffisamment de force et de caractère pour s'imposer comme une création incontournable dans leur discographie.
L'ambiance se fait donc plus dense et l'ensemble est solide et superbement réalisé. La section rythmique apporte quant à elle le soutien idéal et surtout une véritable consistance dans cette ambiance colorée. En parfait accord avec les riffs, elle procure un groove incroyable et l'énorme avantage de cette nouvelle galette est de se bonifier au fil des écoutes.
Tout en restant fidèle à leur ligne de conduite, ils démontrent néanmoins que le Stoner fait désormais partie intégrante de leurs compositions. Wild Dawn progresse, poursuit son petit bonhomme de chemin et semble cette année avoir pris le taureau par les cornes. Alors que sur leur album précédent, le chant de Greg avait soulevé en moi quelques interrogations, cette fois-ci je suis entièrement conquis par sa sobriété et sa justesse. Lorsque l'interprétation mélange une technique à toute épreuve, une énergie sans faille et un gros feeling, le résultat se doit d'être à la hauteur. Et c'est le cas ici.
En fait, c'est le groupe en entier qui est passé à la vitesse supérieure. Romain (guitare), Alex (basse) et Morgan (batterie) n'ont jamais été aussi bon et si je devais chipoter, je dirais juste que la basse se fait trop discrète par moment. Véritablement composé pour durer dans le temps, Bloody Jane's Shore reflète toute la personnalité de ce groupe productif et recèle largement de quoi satisfaire les amateurs de musique directe et épurée.
Ils savent aussi pertinemment varier les ambiances et les trois titres en version acoustique issues de leur album Pay You Dues le prouvent. Que les fans de la première heure se rassurent : en adaptant leur langage, les bucherons de Wild Dawn n'ont pas allégé leur discours et quand leur musique se fait épique, elle flirte avec la classe internationale.
Soyons clair, les gars ne bossent pas dans les assurances mais font du Rock & Roll ! Leur meilleure production...et de loin. Bravo. 
 
 

mardi 31 mars 2015

OCTANE - Eponyme


Un dimanche matin parmi tant d'autres. Dehors, il fait environ 5°C, il pleut et la journée s'annonce bien triste. Personne à contacter pour aller boire un bon cappuccino et je commence doucement à déprimer en regardant par la fenêtre. Du coup, je me décide à ouvrir le CD que m'a offert la veille un ami musicien.
Le groupe s'appelle Octane, est originaire de Laval et vient tout juste de sortir un nouvel EP. Et là, en trois morceaux : miracle ! La pluie me parait moins froide et le thermomètre a l'air de remonter de quelques degrés.
Principal composé de l'essence, l'Octane est la molécule de référence de combustion des moteurs. Serait-ce l'unique explication à ce changement de température ? Pas seulement !
Dans un genre pourtant fortement emprunté, les mayennais se payent le luxe de nous délivrer trois bons titres placés sous le signe de la haute tension et qui font preuve d'une belle homogénéité. Enrobée d'une prise de son chaleureuse et puissante, sans que celle-ci ne vienne étouffer une authenticité bienvenue, la musique que nous propose ici le combo est celle que l'on aime.
Binaire, énergique, efficace...voici quelques-uns des adjectifs qui peuvent être retenus parmi les nombreux qui découlent des écoutes successives. Sans pour autant révolutionner le style, ils ne se privent cependant pas de nous ravir les tympans d'une manière lourde et nostalgique mais sans être obligatoirement passéiste. Dans ces conditions, il me parait bien difficile de ne pas se laisser emporter par l'enthousiasme procuré par ce disque.
Chaque titre mérite une attention toute particulière, aussi bien au niveau de l'habillage sonore que du groove qui s'en dégage. Les riffs sont velus et les refrains accrocheurs même s'ils ne sont pas immédiatement mémorisables. La rythmique est épaisse comme il se doit, l'ambiance caniculaire et la voix féminine apporte le petit plus que d'autres formations un peu trop bourrines ne possèdent pas.
Ce hard rock carré et simple porté par un chant vaguement éraillé n'est jamais racoleur même si tout cela manque peut-être parfois d'envergure. Le talent est là, tout comme l'envie, et on ne peut qu'encourager cette formation à persévérer et à élargir son champ d'action.  

 
http://groupeoctane.wix.com/octane#!music/c10tw

mardi 24 mars 2015

WIZZÖ - Real Hot Stuff


Pour ce qui est de la succession d'AC/DC, il est évident qu'avec Airbourne, on a tiré le gros lot. Quant à savoir s'il doit être ici question d'inspiration ou de plagiat, se risquer à en parler serait verser inévitablement vers un débat houleux et stérile. Quoiqu'il en soit, Airbourne fait du AC/DC et Wizzö fait du Airbourne (et on pense également à ZZ Top ou bien les Guns N' Roses).
Evacuons immédiatement le débat consistant à savoir si Wizzö est un simple clone (ou bien une copie carbone) pour la simple et bonne raison que l'on s'en fout royalement. Lorsque l'on est un fan de hard rock, ce n'est pas pour se torturer les neurones, mais pour passer un bon moment à solliciter ses articulations, le tout en musique et sans renverser sa bière. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec ce Real Hot Stuff, Wizzö rempli sa mission et si l'influence de la O' Keefe corporation est évidente, le son et les compositions sont à la hauteur.
Alors certes, peut-être qu'intellectualiser cette approche revient à passer à côté de leurs intentions mais le fait est indéniable, mais encore faut il bien le faire ! Le quintet ne revendique rien et assume tout, sans se prendre la tête et avec fougue. Aussi à l'aise dans leurs racines que dans leur époque, ils marient les deux avec une certaine réussite et cette aventure, ils ont décidé de la vivre ensemble et d'aborder des sujets hautement philosophiques que sont  l'alcool, les bagnoles et les femmes.
Soyons clair, les morceaux ne sont pas très originaux et beaucoup d'entre eux rappellent le bush australien, mais le tout fonctionne et l'envie de bouger ne vous quittera plus. Ils nous offrent ici un véritable panel de chaque facette de leur identité, se faisant léger et entrainant parfois ou bien négligé et limite roots. Tout ceci est parfaitement huilé et ne nous laisse que le plaisir de profiter d'une musique simple, efficace et bien carrossé.
En fait, le message principal de cet album est de ne pas se poser de questions et de se laisser prendre au jeu. S'il est donc impossible de résister à l'enthousiasme communicatif des parisiens, il reste tout de même un goût d'inachevé tant le potentiel de Wizzö semble pouvoir prendre une envergure supplémentaire et qu'ils ont sans doute un médiator d'avance sur certains. 
Nous attendons donc le prochain album avec impatience et si on prend également en compte un potentiel live de tout premier ordre, vous imaginez bien que nous ferons preuve de moins d'indulgence la prochaine fois.    

http://wizzo.org/

 

vendredi 20 mars 2015

SHUFFLE - Upon The Hill


Upon The Hill est un étonnant mélange de pop rock fusion avec des touches progressives auquel on rajoute d'autres sonorités toutes plus décalées les unes que les autres. Les mélodies sont plaisantes, les guitares sont électriques, cristallines et le chant est rythmé. Des éléments qui ne révolutionnent rien mais qui prouve que Shuffle tente des choses sans pour autant modifier leur approche fondamentale de la musique.
Le côté rock est abordé de manière classique, supporté par une ligne de guitare toujours dans le ton et une basse qui ne joue pas à cache-cache avec les autres instruments. Voué sans doute à déstabiliser l'auditoire, le groupe s'enfonce dans une musique bourrée d'influences et qui ne laisse que très peu de place à l'improvisation.
A cheval entre plusieurs styles et sans pour autant n'être qu'une pâle copie, les membres de Shuffle ont su apporter leur propre touche pour une musique sincère qui ne manquera pas de vous filer quelques frissons émotionnels au passage.
Pour autant, malgré les premières apparences très trompeuses des premières pistes, la direction dans laquelle le groupe veut orienter sa barque peine à se dessiner et oscille entre de nombreuses atmosphères, nuances et états d'esprits. L'album surprend dans son enchainement d'ambiances trop variées. Leur musique est riche, travaillée mais un peu trop luxueuse et sans fil conducteur. Difficile dans ces conditions de se faire un avis définitif et il manque selon moi un élément déclencheur.
On regrettera aussi parfois une mise en retrait un peu trop prononcée de la batterie, où cet instrument se perd facilement sur une composition calme et posée. Il s'agit d'un parti pris mais selon moi, celle-ci est légèrement sous mixé et aurait mérité un traitement un peu moins fantomatique. Ils poursuivent malgré tout leur effort jusqu'à la fin nous offrant des morceaux de bonne facture.
Ne souffrant d'aucun défaut majeur, je ne peux m'empêcher de penser que cette formation a vraiment du talent et qu'elle se cherche encore. Shuffle est un peu, et à sa manière, comme une équipe de ligue 1 en début de saison : forte sur le papier, chacun essayant de tirer profit de son potentiel, mais en pratique, et après quelques semaines, elle ne joue toujours pas à son meilleur niveau. Une véritable entité touche à tout qui ne devrait pas tarder à éclore et si la bande évolue dans le futur, elle n'entamera sans doute pas la construction de son avenir.    


samedi 14 mars 2015

THE ANSWER - Raise A Little Hell


Le retour du vieux son analogique (Rival Sons, Blues Pills...) et le revival australien (Wolfmother, Electric Mary...) ont rassuré bien des adeptes de hard rock à l'ancienne et le courant continue de nous offrir de jolies perles...Mais ne tournons pas autour du pot : Raise A Little Hell la dernière galette de The Answer est issu du même métal précieux que les chefs d'œuvre forgés en leur temps par Led Zeppelin, The Doors, Cream...et autres monstres sacrés du genre.
Après avoir frappés très fort à la porte du panthéon du rock en 2013 avec New Horizon, ils y font cette fois-ci une entrée fracassante par la grâce d'un disque dont la puissance doit autant à la voix mi ange, mi démon de Cormac Neeson qu'au groove diabolique distillé par le reste du groupe.
Nous avons le droit ici à une démonstration pure et simple de la part du chanteur (L'ombre de Robert Plant plane toujours avec bienveillance). L'animal parvient à moduler sa voix de façon déconcertante, à l'aise aussi bien lorsqu'il s'agit de s'arracher les tripes en poussant les notes que sur des passages moins démonstratifs. 
Si la comparaison avec Led Zeppelin semble toujours inévitable, ils réussissent malgré tout à imposer un style beaucoup plus personnel que sur leur précédente livraison. Le combo en pleine progression lâche des singles comme si il en pleuvait, et si certains titres flirtent avec l'appel des ondes des stations de radio américaines, ce n'est que pour mieux nous attirer et nous mettre ensuite une claque derrière la nuque, tant ce nouvel opus est l'incarnation quasi parfaite de l'album de rock par excellence.
Non content de rendre un hommage à leurs ainés, les irlandais disposent d'un son unique et reconnaissable entre mille. Rugueux, bluesy à souhait avec parfois quelques accents stoner, plus musclé et mieux produit, Raise A Little Hell est la parfaite illustration du disque enregistré par des musiciens amoureux du son old school mais dont la fougue permet d'offrir une réelle dynamique à des compositions puissantes et rock & roll. Ils maitrisent parfaitement leur sujet, surprenant l'auditeur convaincu d'écouter un vieux disque de hard rock sans réellement comprendre comment ce dernier fait pour sonner de manière aussi moderne.
Un pied dans les seventies, l'autre dans les années deux mille, des mélodies accrocheuses et des influences vintage digérées avec une facilité toute britannique, ces hors la loi se sont affirmés en l'espace de quelques années, comme des acteurs majeurs de la scène internationale.
Un disque immense, d'ores et déjà un des albums de l'année et un classique pour celles à venir.

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