dimanche 30 novembre 2014

POSTE 942 - Extended Play


Surprise au département de musicologie de l'université de Beaumont (Texas), alors que des tests révèlent que l'écoute de "Extended Play" du groupe varois Poste 942 pratiquant un hard rock old school aux touches bien alcoolisées pourrait rendre ses auditeurs "trois à quatre fois plus cool", les premières données recueillies sont unanimes : c'est consistant, bien huilé et les riffs goudronneux s'enchainent sans faiblir, imposant un rythme soutenu à l'ensemble ! 
"Ces résultats sont une immense surprise et ce premier EP repousse les limites du genre...comme si Billy Gibbons (ZZ Top) avait eu un enfant avec Ted Nugent (lui même), et qu'ils en confiaient la garde à Blaine Cartwright (Nashville Pussy)" résume J.Winter le directeur du laboratoire. Selon les analyses préliminaires, la présence de testostérone en grand nombre ne serait pas étranger à cette découverte étonnante. La mise à disposition du clip "Breathe" avait déjà permis de multiplier par deux le niveau de satisfaction des auditeurs et l'intégralité des cinq titres enfin dévoilés, enregistrés et mixés à la maison, permettent de confirmer cette étude. 
Une ligne de conduite irrévérencieuse et rebelle qui ne fait que confirmer leur raison d'être et une saveur incomparable pour ceux qui auront l'ouverture d'esprit nécessaire. Particulièrement bien appréhendés et bourrés d'excellentes intentions, les références ne sont là qu'en filigrane et ce premier jet se disperse parfaitement bien dans la pièce et respire les saveurs d'antan. Voici ce que j'en pense personnellement !


Beer Bear Boar Prod.  

vendredi 14 novembre 2014

Compulsion - Brutal Errors


Aucune fioriture, ni de surenchère technique chiante et dégoulinante sur ce premier album de Compulsion. Le trio va à l'essentiel cherchant sans doute à revenir aux sources de leur style de prédilection. Malgré un côté simpliste et quelques approximations dû à l'auto-production, "Brutal Errors" se laisse apprivoiser dès la première écoute et le groupe privilégie l'efficacité à la technicité. Leur Death old school est accrocheur, redoutable et les mecs nous prouvent en huit pistes qu'ils n'ont franchement pas envie de rigoler. Musicalement, ils démontrent de belles dispositions et nous n'avons vraiment pas le temps de s'emmerder en écoutant un titre...car le suivant a déjà pris le relais ! C'est concis, explosif, sans temps morts et le chant méchamment hargneux de Fred est brut de décoffrage et bas du front. Les riffs sont massifs, écrasants et la pression est palpable du début à la fin. A chaque coup de grosse caisse, on a l'impression d'entendre le son scintillant d'une douille de 12mm qui tombe sur le sol. Un album solide donc contenant son lot de passages marquants, dilués dans un déluge de sonorités venus d'Outre tombe. Ils varient tout de même parfois leur propos (que ce soit au niveau des rythmes et des ambiances) mais la rupture d'anévrisme n'est jamais bien loin. La touche "roots" est bien présente, colle parfaitement avec le son qu'ils veulent développé et la présence de chaque instrument est bien équilibré. Avec cette galette, Compulsion ne baisse pas son slip, n'a pas la prétention de révolutionner quoi que ce soit et reste profondément planté dans ses convictions. Les gars ont bien appris la recette, c'est viril, ça sent le muscle et la profanation de sépulture. Du Rambo Metal 100% terroir qui tartine et qui donnerait la bougeotte à un cul-de-jatte...Stay Brutal Or Die !!! 

 
www.facebook.com/compulsor/timelime

3,5/5

 
arno Jaffré

jeudi 13 novembre 2014

[Live report] Angers Likes Metal - 8 novembre 2014


Belle affluence samedi soir du côté du Chabada (environ 600 personnes) pour cette première édition d'Angers Likes Metal durant laquelle se côtoyaient artistes confirmés (Dagoba, Zuul FX, Dysmorphic) et groupes angevins (War Machine, Ekthellion, Compulsion). Organisés par l'association CROM, cette soirée avait pour but de promouvoir les musiciens "locaux" et de proposer par la même occasion une affiche digne de ce nom rarement vu dans le Maine et Loire. Jugez plutôt :

On entre dans le vif du sujet avec les WAR MACHINE. Les mecs savent de quoi ils parlent et comme à leur habitude, foutent un sacré bordel ! C'est bien gras, rempli de cholestérol et malgré le fait qu'ils n'aient que 20 minutes pour convaincre, ils nous infligent une bonne correction. Tom au chant m'avouera ensuite avoir laissé quelques plumes la veille lors d'un concert au Mondo Bizarro à Rennes....rien ressenti pour ma part et leur Metal teinté de Rock & Roll est toujours aussi bon à entendre.

Le Pagan Metal a le vent en poupe et la présence d'EKTHELLION au menu des festivités ne surprendra personne. Ajouter à leur musique des touches de Death, un violon pour le côté folklorique et vous aurez saisi un peu l'ambiance proposé par ce groupe angevin formé en 2009. Venu s'agglutiner devant la scène, le public manifeste chaleureusement son enthousiasme et ne perd pas une miette de leur prestation. Bien que leur son soit parfois répétitif (c'est un avis personnel), il a le mérite de rassembler les foules et de faire suer son auditoire. A revoir un peu plus longuement !

Un instant de chaos bien senti ensuite avec COMPULSION qui nous délivre un Death Metal old school bien agressif et bien brutal. Leurs riffs épileptiques et enrichis à l'uranium nous tabassent direct les tympans et les protections auditives ne suffiront pas toujours. Une immense chape de plomb s'abat sur l'assistance et tout est réuni pour que l'on se fasse napalmisé. C'est intense, bestial, sans concession et on se prend un gros parpaing dans la tronche. 

Fin de la première partie et trois styles radicalement opposés qui prouvent la richesse du réservoir angevin et qui lancent la soirée de fort belle manière. 

Ne laissant aucune place à l'improvisation, DYSMORPHIC nous offre un set carré, irréprochable et monstrueux de technique. Les tourangeaux tournent à plein régime, nous donnent une belle leçon de maitrise, arrivent à nous accrocher direct et donnent tout d'entrée de jeu. L'équilibre entre agressivité et mélodie est bien pesé et les musiciens tous excellents sont bien en place. De son côté, le public est conquis, les vociférations ne cessent de se faire entendre et l'ambiance monte encore d'un cran.

Changement de plateau et c'est au tour des DAGOBA d'envahir la scène. L'énergie qu'ils déploient malgré l'heure tardive résonne dans tout le Chabada. Le batteur Franky Costanza semble avoir bien plus que quatre membres et Shawter au chant harangue la foule et réclame wall of death et circle pit. Dans une salle chauffée à blanc, les titres s'enchainent et le public est plus que réceptif à la musique distillé par le groupe. Les marseillais font honneur à leur réputation, nous infligent une vraie mandale et mettent tout le monde d'accord.

Encore une belle décharge d'adrénaline avec ZUUL FX...les fans sont bien chaud et ne se laisseront pas refroidir avant la fin du set. Steeve n'a bien entendu rien perdu de ses capacités vocales, qui sont toujours très impressionnantes, et le bougre a une sacrée présence scénique. Les spectateurs sont happés par leur performance et il serait peine perdue de compter les slams et pogos qui s'agitent en permanence. Encore une fois, le groupe donne une belle prestation qui semble conquérir un public désormais essoré. 

Soirée mémorable et pari réussi donc, ce qui m'amènera à me poser la question suivante, que certain(e)s vont également se poser : y aura t'il une seconde édition ? D'après l'organisation (et pas besoin de votes pour ça), c'est un grand OUI qui devrait l'emporter ! Nous voilà soulagé.

Un grand merci à l'association CROM, au Chabada, au public, à EMP, à Daily Rock France pour l'accréditation et aux groupes présents ce soir là ! 

arno Jaffré

jeudi 6 novembre 2014

Sticky Boys - Make Art


Le secret de longévité d'un groupe réside t'il dans sa discrétion ou par son manque de médiatisation ? Sur et certain que ce power trio parisien ne s'est même pas posé la question !
Leur contribution au rock & roll n'a rien de révolutionnaire mais leur style sans prétention déclenche l'enthousiasme, finit par s'insérer dans vos neurones et sollicite largement vos articulations. Puissance, efficacité et bonne humeur sont les maitres mots de cette deuxième livraison. Malgré des qualités incontestables, "This Is Rock & Roll" leur premier album souffrait à mon sens d'une certaine précipitation, la filiation avec la bande des frères O'Keeffe (Airbourne) étant trop palpable. "Make Art" quant à lui sonne parfois DIY (Do It Yourself) et amène du coup un soupçon d'authenticité bien agréable en ces temps où tout semble surproduit. Ils nous balancent un hard-rock direct renforcés par des relents punkisants, le chant est juste comme il faut et la paire rythmique sait moduler son interprétation et se transforme parfois en un véritable rouleau compresseur. Dans le style beaucoup de choses ont déjà été dites mais peu importe, le créneau de ces trois types branchés sur le 220 volt est de nous déverser un mélange de carburant, d'alcool frelaté et de poussière en variant les dosages selon les titres. Inutile de se prendre la tête avec un style qui ne l'exige pas n'est ce pas ? Dans le genre, ils démontrent une excellente maturité musicale (qui va de pair avec ce qu'ils ont à nous proposer) et on sent un groupe soudé, qui assure sans forcément se prendre au sérieux. A travers ces onze chansons, le groupe affirme avec force sa spontanéité, sa qualité de jeu et également son ouverture d'esprit. Des gars qui vivent le rock au sens large du terme avec honnêteté et sincérité.
Reste à espérer qu'en continuant à nous proposer des opus de cette trempe et à tourner dans nos contrées, ils finissent par se faire une place au soleil (si ce n'est pas déjà fait). C'est tout ce que nous souhaitons à ce groupe aussi talentueux qu'attachant.      

www.stickyboys.eu

arno Jaffré

dimanche 2 novembre 2014

Supertanker - Songs From The Ashes


Avec cette première sortie, le groupe parisien se fait plaisir et s'aventure vers des sonorités où s'acoquinent le Metal, le Stoner et le Grunge. L'écouter attentivement pour entièrement l'assimiler (et juger les chansons sans les préjugés qui pourraient en découler) est un conseil que je pourrais vous donner. 
Après un temps d'adaptation, les treize titres font leurs petits effets et même si Supertanker capitalise sur ce qui existe déjà, ils arrivent tout de même à nous offrir un peu d'air frais et s'en sortent plutôt bien. Malgré les relents de plus en plus malsains et congénitaux du Stoner et du Grunge (surtout flagrant au niveau du chant), "Songs From The Ashes" est une porte ouverte sur un arc-en-ciel de couleurs et de sensations et plusieurs sentiments, parfois contradictoires, s'enchainent au sein d'un même morceau. Tout cela aurait pu sonner creux voire pompeux mais il n'en est rien et ils entretiennent avec malice le malentendu. En renouant sporadiquement avec une hargne métallique tout en la domptant aux dimensions de cet opus, ils parviennent à déjouer les pièges où se sont embourbés certains qui souhaitaient absolument marier différents styles musicaux. Le tout est envoyé avec puissance, lourdeur et malgré que cela manque singulièrement d'audace, on savoure au fur et à mesure des écoutes ce qu'ils ont à nous proposer.
Un départ en trombe donc que viennent temporiser deux ou titres en dessous du reste et un album qui ne manquera pas de satisfaire les amateurs de guitares saturées et de production "rétro".


3,5/5

arno Jaffré

lundi 27 octobre 2014

[Live report] Festival Rock en Maine - Aigrefeuille (44) le 18 Octobre 2014

Le festival à ne pas louper dans la région ce week-end là avait lieu du côté d'Aigrefeuille, près de Clisson. Aucune comparaison avec le plus gros évènement de France consacré au Métal, la programmation étant beaucoup plus axée sur le Punk Rock. Pour cette 3ème édition, le record concernant la fréquentation sera largement battu avec 795 entrées payantes et nul doute que l'année prochaine ce sera encore le cas. Les raisons d'un tel succès ? La programmation tout d'abord avec des artistes confirmés toujours prêt à en découdre et des jeunes pousses qui ne se laissent pas impressionner par une telle affluence. Ensuite un prix attractif de 8€ qui ne laisse personne indifférent, une organisation sans faille dirigé par Fred et toute son équipe de bénévoles et quelques petites attentions (dont le café offert histoire de se requinquer avant de reprendre la route) que l'on ne trouve nulle part ailleurs. 
Sur le plan musical, la soirée débute avec OMAHAS (que je ne verrais pas malheureusement, étant en pleine interview avec Burning Heads) et d'après les échos que j'ai pu recueillir, c'est un groupe à suivre absolument. Ce n'est que partie remise messieurs.
Ils sont jeunes mais les ONE THOUSAND DIRECTIONS ont bien assimilé tous les codes du genre et bien appris leurs leçons. C'est carré, ça joue super bien et leur détermination fait plaisir à voir...et à entendre. Nous sommes pour la plupart déjà ravi de la tournure que prennent les évènements et ce n'est qu'un début. 
Le Punk festif des VILAINS CLOWNS retient direct l'attention et c'est parti pour un set endiablé où la bonne humeur est de rigueur. Malgré que l'on ne distingue pas toujours le chant en français, c'est un joyeux bordel qui s'installe salle des Richardières où a lieu ce festival.
La température monte, monte...et ce n'est pas l'apparition des SALES MAJESTES qui va refroidir l'assistance bien au contraire. Les récents changement de line-up n'ont rien changé à leur hargne et leurs revendications sont toujours d'actualité et bien légitimes. Le public en pleine ébullition se déchaine et ça pogote dans tous les coins. Certains iront même jusqu'à monter sur scène sous la surveillance efficace et discrète de la sécurité qui ne s'attendait sans doute pas à une telle effervescence.
Place maintenant aux expérimentés BURNING HEADS et à leur Punk Rock teinté de Ska et de Reggae. Le début du show est légèrement perturbé par quelques problèmes techniques mais ce n'est pas suffisant pour les déstabiliser et les orléanais se montrent à la hauteur de leur réputation. Le son est réglé au millimètre et les décibels dépassent régulièrement la dose prescrite. Les Burning Heads ne sont pas près de raccrocher les gants et font preuve d'une régularité dans la qualité qui force le respect. Une vraie démonstration tout simplement.
Il y a une fin à tout et la soirée s'achève. Le retour au bercail se fait dans la nuit et le sentiment d'avoir vraiment passé une agréable soirée prédomine avant toute chose. La saison 4 du festival Rock en Maine s'annonce prometteuse et ce n'est pas impossible que j'y retourne promener mes Converse...OÏ !

Remerciements à Fred pour son accueil, à tous les bénévoles de l'association Festi'Maine et à Daily Rock France pour l'accréditation.  

arno Jaffré

jeudi 23 octobre 2014

Flayed - Symphony For The Flayed


Imaginez un croisement entre Deep Purple et Black Stone Cherry...voici précisément comment je pourrais définir - en une interprétation forcément partisane puisque lié à un ressenti personnel - le style défendu par nos français de Flayed.
Et pour être encore plus explicite, j'y ajouterai une petite touche de blues rock pour alourdir le tout et nous enivrer d'un arôme bien agréable. Ce n'est pas un simple groupe en devenir mais bel et bien un groupe qui a su dès le début se forger une identité à travers une musique facile d'accès mais sacrément entrainante et percutante. Sur le plan sonore, c'est réussi de bout en bout et outre l'expression musicale superbement épaisse de ce premier effort, le talent avec lequel le vocaliste Renato sublime chaque morceau de ce manifeste est à souligner. Il transcende littéralement les musiciens qui l'accompagne et sa voix ne tombe jamais dans l'excès. Ces six garçons nous proposent dix titres qui tiennent la route, qui attirent et qui captivent d'emblée sans aucune explication...ou presque. Les bons morceaux se succèdent, forment un ensemble très cohérent et possèdent une véritable énergie capable d'aller séduire le public rock dans son intégralité. Que dire d'autres face à un plaisir aussi évident ? Aussi immédiat ? Qu'il existe une réelle intelligence dans les compositions et une bonne maitrise des instruments, qu'ils disposent d'un sens aigü de la chanson qui fait taper du pied, que les parties de six cordes sont soignées et qu'ils sont très respectueux de la culture américaine qui les inspire.
Difficile en effet de s'ennuyer et il me semble tout naturel à l'écoute de ce "Symphony For The Flayed" de laisser vagabonder son imagination et d'imaginer ce que pourraient donner ces morceaux sur scène. Un très bon groupe, un très bon album...déjà ! 


4/5

arno Jaffré